Comment choisir son équipement de plongée ?

En préambule...

Durant la vie de plongeur (plongeuse), notre équipement évolue. Il faut d'abord un équipement de base quand on débute, puis lorsque l'on progresse on s'achète du matériel en plus, mais on peut aussi craquer sur la dernière nouveauté à la mode et remplacer une partie de notre équipement. L'achat de matériel de plongée est certes avant tout fonctionnel mais aussi parfois "coup de coeur". Ce petit topo a pour but de vous orienter dans le choix d'achat de matériel de plongée, avec des critères techniques, mais aussi pratiques et économiques. Il a aussi pour but de vous donner un aperçu du marché actuel, sans pour autant recenser toutes les marques et modèles, car il en est du matériel de plongée comme de la mode : ça change tout le temps. A ceci près : les bases restent les mêmes. Il a enfin pour vocation, tant pour les élèves que pour les moniteurs, d'aller au-delà des modèles classiques de la plongée loisir en vous entraînant parfois dans le matériel de la plongée plus pointue techniquement (plongée profonde, souterraine...), car ces matériels sont éprouvés, solides, souvent plus simple et pas forcément plus chers.

Pour débuter l'activité

Il vous faut tout d'abord un équipement PMT (palmes, masque, tuba), pour la nage en piscine mais aussi pour vos vacances en mer :-) Des kits complets existent (Tribord...), mais il faut se méfier car les palmes, notamment, sont relativement "bas de gamme", avec un chausson raide, et provoquent des crampes de pieds. Pour la piscine, des palmes "chaussantes" (photo du haut) sont pratiques (elles peuvent être mises pieds nus ou avec des chaussons fins) : les modèles Mares Tri-Channel ou Avanti suffisent.

Pour la plongée en scaphandre, les palmes réglables (photo du bas) sont à privilégier : elles sont un peu plus courtes (on risque moins de toucher à l'environnement ou de soulever de la vase) et se mettent avec des bottillons à semelle rigide, plus pratiques pour marcher que des chaussons fins, surtout quand il y a des cailloux !

Les palmes de chasse longue sont peu pratiques pour la plongée scaphandre : encombrantes sur les bateaux (notamment les zodiac semi-rigides avec 18 plongeurs qui sont serrés) et donc plus fragiles, vous avez toutes les chances de dégrader avec une grande voilure la faune et la flore que vous allez approcher et les fonds. En revanche, des palmes de chasse sont bien pour nager en piscine (voilure plastique, mais aussi fibre de verre ou carbone, plus chères, pour l'apnée également) ou faire de la randonnée palmée.

Les produits s'adaptant aux pratiquants (et non l'inverse, c'est une grande loi du marketing), des modèles de palmes de plongée sont apparus pour des plongeurs ne sachant pas palmer correctement (jambes pliées en "pédalant", musculature insuffisamment travaillée...) ! Exemple : les Mares Volo Race, mais aussi toutes les palmes à effet "ressort". Du coup, elles ont un mauvais rendement chez des plongeurs aux jambes correctement tendues avec un palmage ample... Les palmes courtes américaines (Jet-fins, Hollis F1...) sont chères mais n'ont aucun équivalent en terme de confort et de rendement : elles sont indestructibles, puissantes et conviennent avant tout pour le palmage en "kick-frog" (ou "en grenouille") : on n'a pas inventé mieux comme palmes et comme palmage depuis que la plongée existe !

Pour le masque, il faut impérativement l'essayer car chacun a une forme de visage qui lui est propre. Il vaut mieux privilégier des masques à petit volume : plus rapides à vider, verres plus près du visage donc vision périphérique améliorée, et encombrement moindre. De plus, ces masques "petit volume" ont une jupe d'étanchéité plus grande, ils s'adaptent donc mieux sur les visages. Si vous pouvez avoir un masque à jupe transparente, c'est encore mieux car la lumière pénètrera mieux dans vos yeux. Chez Cressi, le modèle Cristal est efficace (et on peut avoir plusieurs couleurs de cerclages), mais il existe quantité d'autres modèles.

Pour le tuba, rien ne remplace le modèle ultra-simple du tube bien droit avec un embout. Les tubas à soupapes sont plus gros, plus lourds et plus chers. La soupape sert à piéger l'eau, mais si de l'eau s'introduit dans le tuba, c'est notamment par une jonction tube-embout mauvaise. Bannir les tubas "souples", car ils ne tiennent pas en place quand on nage. Privilégier un diamètre de tuba le plus important, afin de faciliter la ventilation. Pas de tuba frontal, ça c'est bon pour de la nage de compétition ! Dernière chose : emmener le tuba en plongée, on oublie. La ventilation sur détendeur est bien plus sécurisante et confortable. Le tuba ne sert qu'en nage PMT (piscine, mer...).

La combinaison

On est en eaux fraîches par chez nous (entre 7 et 20 degrés), pas sous les Tropiques ! Il faut donc une combinaison chaude. D'autant plus que cet équipement va vous suivre plusieurs années si vous êtes soigneux. Votre confort en dépend, il ne faut donc pas hésiter à y mettre le prix.

Une bonne combinaison semi-étanche de 6 à 7mm sera votre compagne idéale, la cagoule est fournie avec. Veillez à ce qu'elle soit bien ajustée, sans poche d'air. Il faut compter en gros 300-400 euros. Elle sera complétée par des bottillons (5mm c'est suffisant) et des gants (qui doivent être souples : 3 à 5mm pas plus, la marque Imersion fait d'excellents gants). A noter qu'une combinaison semi-étanche n'est pas de trop, même en Egypte, quand on reste 1h30 dans l'eau ! De plus, à la première sensation de froid, vous pouvez être sûrs que votre plongée est psychologiquement terminée, car vous ne penserez plus qu'à ça. Les semi-étanches à intérieur en "plush" tiennent chaud, mais quand la température extérieure est élevée, on transpire très vite ; de plus, le plush est long à sécher.

Vous pouvez aussi opter pour une combinaison de chasse (en deux parties, veste et pantalon, 5mm ou 7mm, sachant que sur le ventre et/ou la poitrine, les deux épaisseurs se cumulent) : très souples avec les matériaux modernes, les plus efficaces sont en néoprène refendu à l'intérieur, et on ne peut les enfiler qu'avec de l'eau savonneuse.

Ces combinaisons s'écrasent peu (confort thermique préservé avec la profondeur), elles doivent être bien ajustées et demandent du soin ; mais leur confort est royal. L'idéal est une combinaison qui ne cause pas de poche d'air ou de pli le long de votre corps quand vous êtes debout, car une poche d'air se transformera inévitablement en poche d'eau : sensation de froid garantie.

Si vous avez les moyens ou êtes très frileux (ou préférez le confort, tout simplement, sur lequel il est difficile de mettre un prix...), vous pouvez aussi acheter une combinaison étanche. Les modèles en néoprène 4 à 5mm permettent d'être simplement habillés en sous-vêtements en-dessous, par contre l'été c'est le four ; les modèles en toile sont plus résistants aux accrocs mais nécessitent un sous-vêtement en duvet. On peut plonger sans ce sous-vêtement quand il fait chaud, on met juste un petit lycra de sport haut et bas car le contact de la peau avec la toile est peu agréable et froid. Avantage de la combinaison étanche : on ressort sec, donc habillage et déshabillage faciles... et pas de combinaison mouillée à remettre pour la plongée suivante. Les chartes de tailles étant différentes d'une marque à l'autre, il faut essayer, c'est la seule solution : une combinaison ne s'achète pas sans essai. Sachez aussi que le sur-mesure existe pour certaines marques. Dans tous les cas, il faut essayer et comparer les modèles.

Le profondimètre et l'ordinateur de plongée

Un ordinateur est obligatoire au Niveau 2 car vous êtes alors autonomes et la loi impose, pour les autonomes, d'avoir un moyen de calculer sa décompression (temps de remontée, paliers éventuels). Au Niveau 1, ce n'est pas obligé mais si vous voulez savoir à quelle profondeur vous êtes et depuis combien de temps vous faites trempette, un profondimètre est utile.

Quitte à choisir entre les deux, un profondimètre coûte dans les 100 euros alors que les premiers prix d'ordinateurs sont vers 200 euros. Un ordinateur comme le Suunto Zoop fait tout ce dont un plongeur a basiquement besoin : profondeur actuelle et profondeur maxi atteinte, temps de plongée, température de l'eau, calcul de la décompression, réglage Nitrox jusque 40% d'oxygène, enregistrement des plongées. Bref, il peut vous suivre toute votre vie de plongeur. Et la pile se change facilement, avec un kit complet (pile, joint).

Si vous avez la vue qui baisse, il vous faut un grand écran : le Mares Nemo Wide ou le Uwatec Galiléo (bien plus cher) sont plébiscités pour cela. Autre possibilité : un écran pas très gros, mais des chiffres en caractère très gras (nouvelle génération de Suunto). Une mode actuelle est d'avoir une sonde haute pression connectée sur le détendeur afin que l'ordinateur affiche la pression du bloc en temps réel et calcule l'autonomie restante à la profondeur actuelle. Pourquoi pas, mais les machines sont alors plus chères (400-800 euros) et cela ne dispense pas d'avoir un manomètre classique... car que faire si l'ordinateur ou la sonde tombent en panne ?

Si vous êtes adepte des écrans couleurs, le Mares Icon HD est votre copain. Grand écran, paramétrable pour les couleurs... et douloureux pour le compte en banque (600 euros en gros). Ou bien la seconde génération de Galileo (Uwatec), qui vaut de l'or : pas loin de 1000 euros.

Avantage des ordinateurs à gros écrans (Galiléo, Icon HD...) : vous pouvez revoir la courbe de votre plongée après coup, ça fait un beau souvenir :-) L'Icon HD propose même la géolocalisation de vos plongées. Il ne fait pas le café, mais c'est pas loin !

Si vous désirez progresser dans la plongée et attaquer la plongée multi-gaz (plongées profondes à l'air avec décompression au Nitrox en multi-gaz, plongées au trimix), le Uwatec Galiléo, le Suunto Eon Steel, gèrent au moins deux gaz voire plus, mais les algorithmes de calcul sont "grand public" et pas forcément optimisés ; avantage, ils sont hyper-sécuritaires. Les prix démarrent à 350-400 euros pour finir à 900-1000 euros.

Pensez aussi à regarder si un ordinateur fait rétro-éclairage : en plongée de nuit, ça peut être pratique. Les fabricants proposent aussi des ordinateurs au format montre : pas encombrants, mais il faut arriver à lire les chiffres et graphiques ! Souvent plus chers que leurs homologues de taille "normale". Certains ordinateurs proposent une boussole numérique avec même mémoire de cap et fonction "retour" : outre que cet argument fait gonfler le prix des machines, la réactivité de l'électronique n'égale pas, et de loin, celle d'un bon vieux compas à bain d'huile ; mais si vous aimez le fun...

Le(s) détendeur(s)

On peut mégoter sur plusieurs choses en plongée, mais sûrement pas sur le détendeur car, littéralement, votre vie ne tient qu'à un tuyau ! Les critères esthétiques (versions "femme", couleurs, finition carbone, etc) ne seront pas évoquées ici, chacun a sa sensibilité. Les prix sont globalement voisins suivant les marques.

Le meilleur détendeur actuel (ce n'est pas de la pub, il a été testé lors du record du monde de plongée en scaphandre à 330 mètres !) est l'Aqualung Legend : on le trouve en kit 1er étage+2ème étage + octopus + manomètre à 400-450 euros. Surcompensé, l'effort ventilatoire est le même à 100 mètres qu'en surface. Un détendeur largement éprouvé. Son petit frère, le Titan, est lui aussi très bon (le même kit à 300-350 euros à peu près). Les Scubapro MK25 (haut de gamme) ont l'avantage d'avoir une tourelle pivotante, ce qui peut aider les tuyaux à mieux passer. On plonge en eaux froides par chez nous, donc pensez à prendre la version "eaux froides" de ces détendeurs.

Privilégiez les connections DIN, moins encombrantes que les étriers, mais surtout qui évitent d'avoir un opercule sur la robinetterie de la bouteille : moins de joints, raccord plus résistant à la pression. Si vous le pouvez, optez pour des tuyaux Miflex : ils ont l'avantage sur les tuyaux caoutchouc d'être très flexibles, de pouvoir se rouler facilement et les UV ne les "cuisent" pas. Certains modèles chez Aqualung disposent du système ACD, qui obture le 1er étage quand le détendeur n'est pas utilisé ; de cette façon, vous pouvez le tremper pour le rincer sans crainte. Un détendeur, c'est de la mécanique fine. Il faut donc en prendre grand soin et le faire réviser en gros tous les 2 ans ou 100 plongées. Même non utilisé, un détendeur s'use (notamment les joints).

Le gilet stabilisateur... ou "stab"

Vous n'êtes pas obligés d'en acquérir une au début, mais après le Niveau 2 il faudrait avoir la sienne, car vous serez formés aux remontées en assistance d'un équipier, et il vous faudra être habitués à gérer un gilet de fond en comble. Chaque stab est différente (volume, débit de gonflage/dégonflage, purges, accroches), il est bien de connaître son gilet dans les moindre recoins.

Un stab, c'est d'abord et avant tout le confort : vous portez votre bloc avec (à terre et sous l'eau). Elle doit être bien ajustée et doit faire corps avec vous, sinon c'est les galipettes sous-marines et le mal de dos assurés. Il existe les stabs à flottabilité enveloppante (le gilet se remplit d'air autour de vos épaules, de votre taille et un peu dans le dos) et à flottabilité dorsale (qui ne se remplit que dans le dos), mais aussi des hybrides. Les dorsales sont très confortables car, même gonflées à fond, vous ne sentez pas la compression. Elles sont aussi d'un volume plus important.

Autre critère important (et souvent négligé) : le volume de gonflage. Certes, un plongeur bien lesté n'aura pas besoin de beaucoup d'air pour s'équilibrer... du moins tant que l'on ne plonge pas profond !

Passé 40 mètres, il faut quand même du volume. Disons qu'un gilet de 20/25 litres est suffisant. Le gros problème, c'est que la plupart des stab non dorsales ont un volume qui dépend de leur taille (S-M-L...) ! Ensuite, la stab sert de point d'accroche au matériel : parachute, lampe, détendeur de secours, etc. Il faut donc voir les anneaux disponibles et privilégier ceux en métal ; en avoir au moins 4 n'est pas du luxe. Regardez aussi le volume des poches de rangement, bien que les poches (à plomb ou de rangement) ne font qu'augmenter le volume du gilet et son poids...

Les prix vont en gros de 300 à 650 euros. Mais une stab, c'est comme un détendeur : elle peut vous faire 20 ans si vous en prenez soin ! Et c'est un achat de confort mais aussi de sécurité, car que faire avec une stab de petit volume quand vous devez assister un équipier mal équilibré ou mal lesté (ou, expérience vécue, un équipier dont la stab ne gonfle plus à cause d'un inflateur en panne) ?

Il est aussi intéressant de regarder du côté des plongeurs "tek" avec les Wings (non ce n'est pas un groupe de rock, mais un type de stab, voir photo du bas) :ces wings sont toutes dorsales (grand volume, mais surtout la bouée est indépendante du harnais, ce qui procure un confort de portage et sous l'eau incomparables, car le harnais fait corps avec le plongeur et rien ne bouge), et aussi modulables (on peut rajouter autant d'anneaux que l'on veut où l'on veut, changer facilement une sangle, voire seulement la bouée). Elles sont certes un peu plus chères mais bien plus solides et pratiques : songez que ces stabs sont prévues pour supporter des bi-bouteilles 2x15 litres (au moins !) avec des blocs de décompression accrochés en plus sur les côtés.

Certains modèles n'ont pas de harnais souple mais un harnais accroché à une plaque dorsale (acier inox ou aluminium) : solidité à toute épreuve, rinçage facilité, lestage "intégré" (la plaque inox fait en gros 2,5 kg) et confort assuré contrairement à ce que l'on pourrait croire. C'est bien simple, en plongée, on ne sent pas du tout que l'on a un bloc dans le dos quand on a une stab "tek". Elles n'ont pas de poches de rangement (ou alors en option), car elles sont conçues pour pouvoir tout accrocher sur les anneaux.

Une stab ne doit pas non plus être un arbre de Noël : tout doit y être accroché correctement et surtout accessible à tout moment. Vous remarquerez aussi que ces stabs n'ont souvent pas de purges rapides hautes, et rarement un Fend-stop : c'est une mécanique fragile qui peut casser, et dans la plongée engagée on aime bien la rusticité et le solide.

Pensez aussi qu'un confort accru en plongée, c'est moins de consommation et moins de douleurs ou de crispation musculaire... Dernière chose sur les stabs : aucun plongeur passé à une stab dorsale ne veut revenir à une stab classique, et encore moins un plongeur qui a goûté à une stab avec bouée et harnais séparés.

Le parachute (de palier...)

Obligatoire au Niveau 2 (la loi en impose un par palanquée), c'est un élément de sécurité. Le parachute classique (bout de 6 mètres avec un petit plomb) montre très vite ses limites. Il est enfermé dans une poche (parfois c'est pas simple de l'en défaire), si en surface il y a des vagues, le parachute peut se vider de son air et ne sert plus à rien, il est de petit volume et si 3 plongeurs s'agrippent dessus, on n'en voit plus grand-chose en surface... et le bout est souvent trop fin et trop court. Je passe sur l'emmêlage des palmes dans le fil au palier et sur le bateau ; sur le petit plomb qui tombe sous vous et peut racler le fond ou arriver sur la tête d'un plongeur en-dessous (déjà vu !!).

Un parachute sert à vous faire repérer par la sécu surface, vous pouvez donc le lancer bien avant 6 mètres. L'idéal est de ne pas avoir de fil en-dessous de vous et de pouvoir donner en surface un parachute encore gonflé dont le fil est déjà remballé : le moyen le plus simple et pratique est d'avoir un parachute et une petite bobine de fil séparée. Il faut aussi un bon volume afin d'être bien visible en surface.

Les parachutes à soupape ne se dégonflent pas quand ils sortent de l'eau, ils sont donc toujours bien visibles quelque soit l'état de la surface de l'eau (ils font en général 1m40 de haut). Pour 40-45 euros, vont en avez un bon (AP Valves...). Les bobines de fil type "spool" (20 à 30 mètres) coûtent 20 euros et seront très pratiques à utiliser. C'est ce dont se servent les plongeurs en plongée souterraine, mais aussi en plongée profonde.

Dans une configuration matérielle idéale, le parachute est accroché à la stab par un mousqueton et le spool par un autre mousqueton. On relie les deux, on défait le parachute, on débloque le spool, on gonfle le parachute et la bobine se déroule toute seule sans même avoir besoin de la tenir ! On remonte en rembobinant tranquillement le spool ; une fois en surface, on bloque le spool avec le mousqueton et on donne tout ça au bateau : rien ne traîne et c'est très simple à ranger.

Veillez à toujours avoir un parachute rouge ; si votre vieux parachute est tout décoloré par les UV et tire sur le orange-jaune, poubelle et rachetez-en un neuf ! Car un parachute jaune signifie autre chose que "tout va bien" !!

Dernière chose, très peu connue car pas enseignée dans la plongée loisir : le parachute à soupape peut servir de bouée de remontée, en cas de stab qui se déchire (expérience vécue !), ça se fait très bien et ça évite à votre équipier de vous assister si votre gilet ne fonctionne plus (inflateur en panne par exemple).

La lampe ou le phare

Sous l'eau, dès 10 mètres, les couleurs chaudes (rouge, jaune, orange) disparaissent. A 40 mètres, tout est bleu-gris. Si on laisse le temps à nos yeux de s'adapter au manque de lumière, on retrouve le contraste. Mais les couleurs naturelles ne se voient qu'avec de l'éclairage. Les lampes ont énormément évolué ces dernières années. Les ampoules sont maintenant à LED, elles consomment peu et éclairent d'un blanc qui retranscrit bien les couleurs. Mais les phares du commerce coûtent chers et ne sont pas toujours adaptés aux plongées en lac. En lac, l'eau est parfois chargée en particules. Si vous voulez voir avec une lampe, il faut un faisceau étroit (10 degrés d'ouverture).

Or les lampes et phares "grand public" ouvrent à 20 degrés en général, cela provoque alors un brouillard, et plus le phare est puissant, pire c'est ! Ce qui compte alors, ce n'est pas la puissance mais la finesse du pinceau lumineux. Des marques comme Tillytec font des lampes solides et performantes pour 100 à 200 euros, à piles ou à accumulateurs. Ils font même des têtes modulables, afin d'adapter la puissance et le faisceau de la tête à chaque type de plongée, tout en gardant le même corps. Par contre, en mer, là où l'eau est plus claire, un phare à 20 degrés d'ouverture couvrira un champ bien plus large. Les phares LED sont à partir de 300-400 euros.

Pour la photo ou la vidéo, il vaut mieux privilégier l'éclairage halogène (ça existe encore) et une ouverture de faisceau à 90 degrés (phares "vidéo") : c'est plus doux. Les phares déportés (batterie séparée de l'ampoule, voir photo du bas) offrent une grande autonomie et sont très puissants ; la tête de phare peut se porter sur la main avec une poignée ergonomique. Par contre, ça coûte un peu...

Pensez aussi qu'un éclairage trop puissant peut être néfaste : il fait perdre le contraste et comme on se concentre sur le faisceau lumineux, on en oublie un peu ce qu'il y a autour... Les histoires de "lumen" et de "lux" indiquées dans les fiches descriptives vous donnent le tournis ? Faisons le point. Les "lumen" représentent le flux lumineux, c'est ce que crache l'ampoule. Les "lux" représentent une quantité de lumière qui arrivent sur une surface donnée. Un phare très puissant mais avec une grande ouverture de faisceau aura beaucoup de "lumen" mais peu de "lux".

Or, quand on veut voir un truc précis (trou de murène, gorgone), la surface à éclairer est petite et il faut beaucoup de "lux" ; en gros, il faut que le faisceau lumineux soit ciblé. A l'inverse, une lampe moyenne en "lumen" mais à faisceau étroit aura plus de "lux". Il faut donc connaître les deux valeurs, car l'une ne va pas sans l'autre pour tout connaître du phare ou de la lampe. Oubliez les "équivalents en watt", ça ne veut rien dire. Un phare, dans l'idéal, ça se teste en magasin, dans le noir. On compare les faisceaux et leur surface d'éclairage, en variant les distances par rapport à une cible.

Couteau ou cisaille

Une palme prise dans un filet, ce n'est pas une légende, ça peut arriver. Il faut alors un outil coupant accessible rapidement, et même utilisable d'une seule main.

Une cisaille ou une paire de ciseaux rangée dans un étui fixé à la sangle ventrale, par exemple, est plus pratique. Sinon, un petit couteau fixé sur l'inflateur.





Le grand couteau de Rambo sanglé sur le mollet à la manière des vieux plongeurs du siècle dernier, vous oubliez merci...

Compas ou boussole

D'abord, c'est quoi la différence ?

La boussole, c'était bon dans le temps ; une aiguille indiquant un cap au-dessus d'une rose des vents, fixée sur un axe pour pivoter, le tout baignant dans un bain d'huile (l'huile servant à amortir la rotation de l'aiguille). Simple, efficace, pas encombrant... mais difficile à trouver désormais.

Actuellement, on trouve plutôt des compas : le compas est une boussole sur laquelle on a rajouté une couronne tournante crantée indiquant les caps, de façon à "programmer" votre cap en alignant le Nord de l'aiguille sur le Nord de la couronne (méthode pas forcément idéale, on peut aussi rester en mode "boussole" en alignant le cap désiré sur la ligne de foi !).

Dès le Niveau 2, vous apprendrez à vous orienter avec un compas (savoir faire un aller-retour, un triangle, un carré, dans un sens puis dans l'autre).

Logiquement, un bon compas doit être lisible : chiffres assez gros, ligne de foi bien visible, fenêtre de visée assez grande. Idéalement, il doit pouvoir continuer à vous indiquer le cap avec une inclinaison de 30 degrés (car il n'est pas toujours facile de maintenir sa main bien horizontalement). A tester en magasin !

Un compas se porte soit au poignet, soit sur un "retractor" (photo du bas).

Dernière chose... la configuration du matériel... avec l'expérience... !

En plongée d'un niveau avancé et notamment la plongée profonde, on parle toujours du "triangle de sécurité". C'est une zone délimitée par le buste. Tous les éléments de sécurité doivent s'y trouver accrochés... car c'est la zone la plus immédiatement accessible sans même regarder ses mains : détendeurs de secours, couteau.

Ce qui veut dire que tout le reste (parachute, tablettes, phare, etc) qui n'est pas indispensable à la sécurité doit se ranger ailleurs. Soit derrière, soit dans des poches ou sur des anneaux sur le côté.

A force d'expérience, on affine sa propre configuration matérielle, avec un moniteur dans un premier temps, et ensuite tout seul ; et le mieux, c'est de ne plus y toucher une fois qu'elle est définie. Comme ça, on ne réfléchit pas quand on a besoin d'attraper un élément. Ce qui veut dire aussi que lorsque l'on change de matériel (surtout la stab), il faut prendre du temps pour refaire sa nouvelle configuration matérielle.

La sécurité mais aussi le confort en dépendent. Dans une palanquée de plongeurs autonomes (donc dès le Niveau 2), chaque plongeur doit savoir où sont situés les éléments importants des autres plongeurs de sa palanquée.